dimanche 22 février 2009

Textile bio : les producteurs asiatiques répondent présents !


Signe d’un marché en expansion, 10 % des marques représentées au Salon du textile Texworld qui s’est tenu du 9 au 12 février au Bourget, exposaient des tissus biologiques.

Jusqu’alors connus pour une importation de masse de textiles peu respectueux de l’environnement et des conditions de travail, les producteurs asiatiques se mettent aussi au bio et même au développement durable. Les producteurs de Chine, du Bengladesh, du Pakistan et de la Corée du Sud n’en sont pas pour autant devenus des grands défenseurs de l’environnement mais tentent ici de profiter d’un marché jugé porteur.

Evolution de la demande occidentale

Alors que les consommateurs étaient demandeurs de renouveau, de textiles modernes et peu onéreux, les mentalités occidentales évoluent. Prise de conscience environnementale et sociale doublée d’une crise économique, les habitudes de consommation changent. Les consommateurs deviennent consommac'teurs: ils consomment moins et sont plus "responsables". Face à ce nouveau mode de consommation, les producteurs asiatiques réagissent par peur de perdre un marché fondamental dans leurs économies.

« Les entreprises chinoises doivent s’adapter » pour « répondre à la demande croissante » des pays européens, des Etats-Unis, du Canada mais aussi de la population aisée de l’Est de la Chine, explique York Yan, représentant en Chine des organisateurs du salon, à l’AFP.

Réactivité des marchés asiatiques

Précurseur en la matière, la société chinoise Hemp Fortex s’était déjà portée sur le chanvre il y a déjà 15 ans. Depuis huit ans, son président, Monsieur Ding, note une forte accélération de la demande. Il fournit notamment Nike qui utilise ce textile très solide, respirant et antibactériens pour sa fabrication de chaussures. L’entreprise chinoise a su saisir les tendances du marché et s’est lancée dans le coton bio ainsi que dans le polyester recyclé provenant de bouteilles collectées aux Etats-Unis.

L’Inde, deuxième producteur de textile derrière la Chine s’est également lancé dans le bio. Une des plus grandes sociétés textiles, Vardham Fabrics s’est mis au vert il y a quatre ans. Pour la fabrication du coton, la société possède ses propres champs de coton et affiche une volonté de protéger l’environnement et l’emploi. D.S Raman, responsable marketing explique tout de même que « le nombre d’acheteurs reste limité » compte tenu du prix, 30 à 40 % plus cher, le coton bio ne représente aujourd’hui que 10 % de la production de Vardham Fabrics.

Son voisin, le Pakistanais US Denim, a également adopté des méthodes de production respectueuses de l’environnement. Pour fabriquer ses jean, US Denim utilise du coton biologique et du bambou et prend garde d’utiliser tous ses déchets, explique Syed Adeel Haider, directeur adjoint de cette grande société de fabrication pakistanaise qui fournit notamment Levis, Marks and Spencer et Esprit.

Le Coréen Ludia a également constaté l’évolution de la demande et vient de commencer le bio afin de répondre au mieux aux attentes du marché.

Même constat au Bengladesh. « C’est une demande du marché » indique Sajedur Rhaman Talukder, directeur du marketing dans le plus grand groupe textile du pays. Norman Group of Industries envisage de se lancer dans le bio et le commerce équitable « d’ici à l’année prochaine » explique la direction.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire