La technologie LTE pour « long term evolution » s'impose face au WiMax comme le standard de l'industrie pour les futurs réseaux de téléphonie mobile. Mais tous les opérateurs n'investiront pas à la même vitesse dans ce
tte technologie.
« LTE. » Dans les allées du Salon de Barcelone, la plupart des équipementiers de réseaux télécoms n'ont que ce mot à la bouche pour parler de la quatrième génération de téléphonie mobile qui doit succéder à la fameuse 3G. Trois lettres pour signifier « long term evolution », une technologie en passe de s'imposer face au WiMax comme le standard de l'industrie. « Pour la première fois, il y a une convergence au plan mondial : la LTE n'est pas seulement l'évolution de la norme européenne GSM-UMTS, mais aussi de la norme américaine CDMA et de la chinoise TD-SCDMA », explique Philippe Keryer, président de l'activité opérateurs chez Alcatel-Lucent.
Norme pleine de promesses
Sur le plan technologique, cette nouvelle norme est pleine de promesses : avec ses débits descendants supérieurs à 100 mégabits par seconde, elle permettra aux opérateurs d'avoir plus de capacité et donc de répondre à l'essor de l'Internet mobile. Côté consommateur, la LTE sera évidemment synonyme de nouveaux services, comme la télévision mobile haute définition ou la vidéoconférence.
Alors, heureux les opérateurs ? Pas forcément. Si les grands acteurs européens (Orange, Vodafone, Telefonica, Deutsche Telekom), les américains ATT et Verizon Wireless et le japonais DoCoMo ont tous laissé entendre qu'ils iraient vers la LTE, bien peu sont ceux qui ont prévu d'investir rapidement. Verizon et DoCoMo seront les premiers à se lancer dès 2010. Tous les autres préfèrent attendre...
Ayant moins dépensé dans les réseaux de troisième génération, « les opérateurs américains auront tendance à aller plus vite vers la LTE que les européens, explique Philippe Keryer. La LTE se développera également rapidement au Japon et en Corée, car la demande pour des services mobiles à très haut débit est forte. Sur d'autres marchés, il est clair que, dans l'esprit de nombreux opérateurs ayant investi dans la 3G, il y a une volonté d'assurer un retour maximal sur ces investissements avant de passer à l'étape suivante. » Le concurrent Ericsson ne dit pas autre chose. Ardent partisan de la LTE, l'équipementier suédois reconnaît que l'essentiel des déploiements de réseaux à haut débit au cours des cinq prochaines années sera basé sur des infrastructures de troisième génération. Il faudra donc encore du temps pour que les fabricants voient leurs lourds investissements dans la LTE se transformer en chiffre d'affaires...
Car, au-delà des équipements de réseaux, d'autres étapes restent à franchir. Comme l'attribution des bandes de fréquences par les pouvoirs publics ou encore la disponibilité des terminaux. Si les équipementiers de réseaux se disent prêts pour la LTE, les fabricants de téléphones sont, eux, restés muets sur le sujet. Alcatel-Lucent ne s'attend pas à voir de mobiles compatibles avant 2011. Au début des années 2000, l'absence de mobiles 3G avait déjà considérablement retardé le lancement de services en Europe. Les opérateurs ne l'ont certainement pas oublié.
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